Huacachina : bloqués par la nature !

25/08/2026 | Nicolas, Pérou | 0 commentaire

Certains diront que rester bloqué dans une oasis n’est pas la pire des choses qui puissent arriver. Ils auraient raison. Mais permettez-moi de mettre un peu de contexte.

 Nous devions à la base arriver vers 16h et repartir à 14h le lendemain. Finalement, nous sommes restés quatre jours complets. Mais pourquoi cet arrêt forcé ? Alors que nous devions descendre avec un bus de nuit vers le sud après Nazca sur la mythique Panaméricaine, des pluies diluviennes, liées à une dépression isolée nommée « Anibal », se sont abattues sur la région, provoquant d'importants éboulements et des coulées de boue qui ont rendu la route totalement impraticable. Pour couronner le tout, un séisme de magnitude 6,7 a secoué le sud du Pérou le 20 août (on l'a très bien ressenti), renforçant l'instabilité des terrains déjà détrempés. Résultat : la principale artère routière du pays coupée et nous, transformés malgré nous en résidents temporaires de l'oasis le temps que les engins de chantier dégagent les tonnes de boue.

Alors oui, dans cette attente, on aurait pu faire du buggy dans les dunes : déconseillé aux enfants, surtout pour Abigaëlle. On aurait pu faire du parapente depuis le sommet d’une dune : sans commentaire. On aurait pu faire de la luge depuis le haut de dunes : mais c’est lié à la balade en buggy. Bref, il nous restait les couchers de soleil.

Ils sont effectivement très beaux. Nous en avons vu deux, car l’accès aux dunes est payant pour la préservation du site. Cependant, pour moi, Européen, cela n’a aucun sens dans la gestion des lieux. Ils ont je ne sais combien de buggys qui tournent dans les dunes en faisant un bruit d’enfer avec la pollution qui va avec, et ils font payer l’accès aux piétons. Je peux comprendre que cela attire des touristes, mais c’est comme si d’un côté on voulait rendre le site propre (ce qui n’est pas le cas) et que de l’autre on voulait attirer suffisamment de visiteurs pour en vivre, ce qui est également compréhensible.

Mais Huacachina, qu’est-ce que c’est ? C’est un petit village construit autour d’un lac. Les oasis sont rares en Amérique du Sud. On en trouve un autre au Chili, à San Pedro de Atacama, où nous irons début octobre. Huacachina est donc construit autour d’un lac. Ce sont principalement des restaurants et des hôtels, mais quelques habitants y vivent à l’année. La légende veut que ce soit une belle princesse indigène qui se soit installée ici après avoir fui un chasseur. Elle se serait alors transformée en sirène et serait encore présente dans le lac. Mais bon, on n’a rien vu dans l’eau à part quelques poissons.

dunes soleil couchant

Alors oui, franchement, ça vaut le détour… pour une soirée avec un magnifique coucher de soleil quand on a des enfants en bas ages.

 Ce contretemps météorologique et sismique fut peut-être une bénédiction déguisée. Dans un tour du monde où l'on court souvent après les kilomètres, ces quatre jours d'immobilité forcée nous ont offert une pause bienvenue après ces premières émotions. Entre devoirs de sixième révisés à l'ombre dans le patio de l’hôtel et contemplation du désert, nous avons appris une première grande leçon de notre aventure : parfois, il faut savoir s'arrêter (même à cause de la boue) pour mieux repartir. Les batteries sont rechargées, le programme de sixième débuté correctement, et la Panaméricaine est enfin ouverte. Cap maintenant sur Arequipa puis Cuzco en espérant que cette fois il n’y ait pas l’aléa climatique !

couché de soleil à Huacachina

Les photos de camions sont issues du site : https://diariocorreo.pe/buscar/panamericana+sur/todas/descendiente/?query=panamericana+sur

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