Sucre : la ville blanche de Bolivie

par Aurélie | 29/09/2026 | Bolivie | 2 commentaires

Sucre, c'est le coup de cœur dont j'avais besoin après La Paz. Une ville où l'air semble plus doux, où le temps ralentit, où le soleil vient caresser les façades blanches. Ici, on respire.

 Dès les premiers jours, la Plaza 25 de Mayo, ses arcades, ses palmiers, ses bancs de fer forgé où les gens se posent toute la journée m'ont fait du bien. Le parc Simón Bolívar, tout proche, offre l'ombre qu'on cherche quand le soleil est trop fort. Et puis il y a la cathédrale, avec sa coupole rouge qui domine tout le centre historique — un phare au milieu d'une mer de toits blancs.

Mais ce que j'ai préféré ? Monter sur son toit. Gravir les marches étroites, inégales et hautes pour arriver sous les cloches de bronze. Le plus : regarder Sucre s'étendre sous nos yeux avec la lumière de fin de journée. Pour nous accompagner et nous surveiller, nous avions le gardien : un petit chat. Un vrai gardien du toit.

Quelques jours plus tard, direction le Parque Cretácico, à quelques minutes du centre. Des centaines d'empreintes de dinosaures fossilisées dans une falaise calcaire, longues de plusieurs centaines de mètres. Les enfants ont découvert leurs traces et la dimension des dinosaures à taille réelle, avec de la peur pour Abigaëlle. Ils ont pu jouer aux archéologues durant cette matinée.

Au marché, on a trouvé nos habitudes. Les étals de fruits gorgés de soleil — mangues, chirimoyas, maracuyás. On a pu manger des plats locaux sans être malades ou presque. On a cherché notre « Betty » — cette adresse secrète de Cusco où l'on retournait chaque midi des jus de fruits fraichement pressés— sans la trouver. Mais on a découvert la boutique Sucré, place centrale, et leurs glaces valaient bien une trahison. On s'est posés sur la place centrale, cuillères à la main, à regarder la ville vivre autour de nous. Le dimanche, c'est encore mieux : sans les voitures, la place appartient aux familles, aux enfants qui courent. Un vrai cadeau.

La semaine à Sucre a été une semaine à ne rien s'imposer. Se lever sans réveil. Flâner. S'asseoir. Repartir. Se dire qu'on a tout le temps, et le croire vraiment.

On n'a pas visité le musée de la Liberté, ni celui des Trésors, ni le musée d'Art indigène. Et on ne regrette rien. Parfois, une ville se découvre mieux en l'habitant qu'en la parcourant. 

Il faut le dire aussi : la Bolivie traverse une crise. On a croisé deux cortèges de manifestants et ils étaient très nombreux. Le prix du carburant qui flambent mais surtout qui se fait rare dans certaines régions de Bolivie, l'éducation qui manque de moyens, un quotidien qui pèse. On peut les comprendre. J'espère, sincèrement, que les choses bougeront dans le bon sens.

Sucre nous a offert un autre visage de la Bolivie — plus doux, plus solaire. Et maintenant, la route nous appelle vers le sud. Uyuni, le Salar, et le Lipez avec quatre jours de désert blanc, gris, jaune ainsi que de l'altitude, des lagunes, des geysers.