Le désert d’Atacama (et autour)

par Nicolas | 7/10/2026 | Chili | 2 commentaires

Après le salar d'Uyuni et le sud Lipez, certains disent que le désert d'Atacama paraît fade. Ces gens-là se trompent ! C'est très différent, avec des particularités que l'on ne retrouve nulle part ailleurs. Un désert de sel qui, mélangé principalement à de l'argile, donne des paysages qui ressemblent plus à Mars qu'à notre bonne vieille Terre.

La NASA a même testé certains de ses rovers dans cette partie du désert que l'on appelle la cordillère de sel. En changeant juste la couleur du ciel sur les photos, on se retrouve sur Mars.

Oui, notre guide francophone nous a coûté un peu cher. Mais on a pu aller à des endroits qui ne sont pas si fréquentés, surtout aux heures où nous y sommes allés. La vallée arc-en-ciel porte bien son nom. Des nuances de rouge, de vert, de beige, et même un peu de bleu par endroits. On en apprend un peu plus sur l'histoire du Chili, en particulier sous la dictature de Pinochet, et la vie au Chili d'aujourd'hui, dans la voiture.

 Le programme du deuxième jour est complètement chamboulé. En effet, l'accès à certains sites passe par des villages qui sont aujourd'hui qualifiés de réserves indiennes, un peu comme on en retrouve aux États-Unis, en un peu différent. Dans le fonctionnement, cela veut dire que si les habitants du village veulent fermer la route, eh bien ils le font. En théorie, cela n'est pas permis, mais ni les autorités locales ni le gouvernement ne veulent prendre le risque d'intervenir, au risque de créer des problèmes. Le jour où nous avons voulu aller vers le volcan Lascar et le proto-volcan Overo, nous avons dû faire demi-tour car une fête s'y préparait et la route était fermée trois jours.

Nous avons donc été sur la route vers la frontière bolivienne pour voir des lagunes : Tuyajto et Agua Calientes. C'est coloré, un peu comme dans le salar, mais les paysages sont différents, aidées je pense par une météo un peu plus clémente que dans l'extrême sud du sud Lipez. Par contre, le vent était très présent et pas franchement chaud. Les couleurs des lagunes sont irréelles. Presque tous les volcans autour sont endormis, mais vu la quantité de lave que l'on peut voir, je n'aurais pas aimé être présent durant les éruptions.

Nous avons terminé ces deux jours par la laguna Tebenquiche et les ojos del salar. La lagune est la plus minéralisée du Chili, à tel point qu'aucune vie n'est possible. Aucune ? Non, des organismes extrémophiles résistent encore et toujours… Ces organismes produisent, entre autres choses, de l'oxygène. Les scientifiques pensent que ce sont ces organismes qui sont à l'origine de la vie sur Terre. À côté de cette lagune se trouvent deux minuscules étangs dont la profondeur est… inconnue ! Une étude a été menée et a permis de descendre à 300 mètres de profondeur dans de l'eau douce (pas de sel dans cette eau). Les deux étangs ne sont séparés que de quelques mètres mais, pour le moment, aucune communication d'eau entre les deux n'a été identifiée. Deux anecdotes : un groupe de Brésiliens sans doute un peu éméchés ont poussé une voiture dans un des deux étangs. La voiture n'a jamais été retrouvée. Un groupe de personnes a cru que les deux étangs servaient de base à des extra-terrestres. Autant vous dire tout de suite qu'aucun extra-terrestre n'a jamais été vu ici. L'endroit est donc un brin fascinant.

Le désert d'Atacama regorge de bien d'autres secrets, mais le budget n'est vraiment pas le même qu'en Bolivie ou au Pérou. On a donc dû faire des choix et partir plus au sud.